Monday, July 21, 2014

La bagarre

Amine quitta le collège en faisant la moue. Il repensa à cette matinée. Durant, la première heure, il avait été exclu du cours d’anglais. Il était en 3eme, mais comme c’est le cas de bien des cancres, il ne savait pas comment il avait atterri dans cette classe. Les cours, et ceci quel que soit la matière, ne l’intéressaient pas. Les professeurs l ennuyaient et ce qu’il souhaitait, en particulier à 8 heures du matin, c’est de faire un somme au fond de la classe, sans lui poser la moindre question. Il fichait une paix royale aux enseignants qui l’avaient compris, mais il menait une guerre sans relâche à ceux qui le forçaient à travailler coûte que coûte. Amine n emportait dans son cartable que le strict minimum. D’ailleurs, le matin, il se réveillait à la dernière minute et se rendait au collège en courant. Il n’avait souvent qu’un seul stylo à bille, qu’il oubliait fréquemment chez lui. Son cahier était un cahier multi usages, c’est à dire un cahier unique pour toutes les matières, dans lesquels il gribouillait selon ses humeurs ou lorsque l’œil de Monsieur Loiseau, professeur de mathématiques, se faisait trop menaçant a son égard et qu’une heure de colle venait menacer son horizon. L’école et « l’avenir », tel qu’ils étaient décrits au collège représentaient une abstraction dans l’esprit d Amine, dont le souci principal était en ce moment d’échapper aux coups de son père et aux brimades de sa mère qui regardait son relevé de notes. Sa mère lui faisait quelque fois pitié, car elle se tuait littéralement au travail pour nourrir la famille alors que son père se contentait de vider bouteille après bouteille en criant après les enfants qu’il violentait à tour de rôle. Ça ne sert à rien d’apprendre, se dit Amine. Si c’est pour se faire courser par les flics comme son grand frère et finir en garde à vue un weekend sur deux- ou encore pour devenir Frère musulman, comme Abdel, son ainé de deux ans- ah ça, non, ça ne l’intéressait pas. « Je veux être heureux, se dit Amine-et j’ai envie de quitter ce bahut de merde avec ces profs coincés qui pensent nous apprendre la vie. Qu’est-ce qu’ils connaissent à ma vie. Je dois me battre tous les jours, rien que pour exister, alors apprendre des leçons, répondre à des questions, ce n’est pas vraiment mon truc. Je veux me faire un maximum de blé, et par tous les moyens ! » « Ici c’est le Système D, je n’en connais pas d’autre. » Amine se sentait bouillir intérieurement. Il haïssait le collège, mais il détestait également son environnement familial. Il se sentait à l’étroit dans ce modeste F3 de Pantin, où s’entassaient 7 personnes, ses parents, ses 4 frères et sœurs, et lui-même. Ce qu’il avait encore plus de mal à saisir, c’est pourquoi Rachida, sa mère s’accrochait désespérément a son père, ce parasite alcoolique, qui, dès qu’il était en manque, passait sa colère sur toute la famille. Amine s’était juré que si un jour il avait des enfants, il les traiterait plus décemment que son père ne l’avait fait à ce jour. Il étouffait dans cet espace réduit. Amine aurait eu besoin de quelqu’un a qui se confier, quelqu’un avec qui se défouler. Avant, il s’entendait bien avec Abdel, mais depuis que les « barbus », c’est à dire les intégristes musulmans, l’avaient convaincu de joindre leur groupe de prière, Abdel avec commence à se désintéresser totalement de son petit frère. Abdel se croyait meilleur, à cause des nombreuses prières qu’il faisait et des principes religieux auxquels il obéissait, mais la vérité, c’est qu’il était devenu imbuvable. Sa seule réponse à tout problème, fut il banalement matériel, était la religion. Tout le reste n’avait aucune importance. Maman était fatiguée, la petite sœur devait être changée ? La vaisselle n’était pas faite, il avait faim ? Non, Abdel ne pouvait absolument pas aider, il était occupé à la prière. -Mais tu ne peux pas te bouger les fesses, pour une fois, Abdel !!! Tu vois bien que maman est épuisée. Tes prières peuvent attendre, quand même !! -Toi tu finiras par bruler en enfer : l’homme est venu sur terre pour adorer Dieu, c’est écrit dans le Coran ! -Toi, je vais finir par te casser la g…, dit Amine d’un ton courroucé. À cet instant, Adbel brandit son poing et le pointa au nez d Amine, dont la colère s’intensifiait au fur et à mesure qu’il regardait Abdel. Il ne supportait plus son hypocrite fanatique de frère et ses comportements plis que méprisants vis-à-vis du reste de la famille -Essaie voir un peu…je vais t envoyer dans l’au-delà! Adbel donna un coup dans les côtes d Amine et le fit valser à terre. Amine avait envie de pleurer, mais il se retint. Copyright© by Isabelle Esling

Saturday, July 19, 2014

Un mercredi après-midi à Passy

Voici un petit extrait de mon nouveau livre: Nous étions aux environs de 16 heures. L’épais brouillard qui envahissait le quartier était à peine visible chez Didier, car les rideaux verts foncés, totalement opaques du salon le masquaient. Une belle lampe aux coloris assortis laissait suffisamment de clarté mais également une once de ténèbres pour créer une atmosphère tamisée. Madame Tourmandeau se prélassait confortablement sur le canapé, mais avec une oreille tendue et affûtée, elle captait chaque note qui émanait du piano. Didier jouait une sonate de Chopin, et ses doigts se promenaient sur le clavier avec une dextérité étonnante. Didier ne jouait pas, il ressentait Chopin, il se l appropriait. Il imprégnait chaque note d’une émotion toute particulière. Sa maman écoutait avec attention, en dodelinant de la tête, comme pour approuver la technique de son petit virtuose en herbe. L’éducation musicale tenait une place très importante dans la famille et le jeune Didier avait été élève au conservatoire de Paris depuis l’âge de 5 ans. Cela impliquait, bien entendu, de nombreux sacrifices, et de temps en temps, des privations de sortie, mais paradoxalement, Didier ne s’en était jamais plaint. Son amour de la musique y était pour beaucoup. Didier emmenait sa mère en balade, virtuellement, pendant que ses doigts martelaient le piano. Des sons graves et répétés, auxquels s entremêlaient des notes plus claires et plus extatiques, renforçait la chaleur et le confort de ce salon. Un feu brulait dans la cheminée et créait un savant jeu d’ombres et de lumières. L’ambiance était feutrée, silencieuse et presque religieuse. Elle fut cependant interrompue par l’irruption de la bonne, qui apporta un thé et des biscuits a la maman de Didier, qui lui fit signe de tout déposer sur la table basse. Madame Tourmandeau la regarda, fit merci de la tête et déposa délicatement son index sur la bouche, afin que le silence fut perpétué. Didier était tellement concentre qu’il n’avait pas vu la bonne entrer et il continuait à interpréter la Sonate de Chopin d’une main légère. Une pluie de notes saccadées retentit, s intensifia, puis mourut d’une lente mort, telle la cendre au fond de la cheminée du salon. Madame Tourmandeau applaudit avec une émotion non contenue. Copyright© by Isabelle Esling All Rights Reserved

Destins Croisés, mon nouveau projet littéraire...

Didier CADRE : du 16eme au 93, sous le Ciel de Paris Personnages principaux : Didier et Amine Age : 15 ans Resume de l action Didier a 15 ans. Il vit une adolescence heureuse et confortable à Passy. Amine a 15 ans également. Il vit dans le 93. Son parcours à lui est plutôt chaotique. Entre un père alcoolique et une mère qui le délaisse en raison de ses obligations professionnelles, Amine se sent aller à la dérive. Il ne travaille plus au collège et passe son temps à préparer des « mauvais coups » avec ses copains de quartier. Un accident de scooter au cœur de Paris va le rapprocher de Didier qui doit se faire opérer du genou dans le même hôpital ou Amine a été transporté…